À propos de Krotze

En Allemagne, il existe un droit à la communication anonyme. Cela importe surtout au regard d’une possible infiltration des pouvoirs de l’État par des organisations hostiles à la démocratie, face auxquelles la résistance légale des citoyens serait alors rendue plus difficile.

Protection constitutionnelle

La communication anonyme est protégée, selon la jurisprudence de la Cour constitutionnelle fédérale, par plusieurs droits fondamentaux :

  • Liberté d’expression (Art. 5 Abs. 1 GG)

    Le droit à la libre expression comprend aussi le droit d’exprimer une opinion anonymement ou sous pseudonyme. L’État ne peut pas imposer de manière générale aux citoyens de « montrer leur visage » pour participer au débat public.

  • Droit général de la personnalité et autodétermination informationnelle (Art. 2 Abs. 1 i.V.m. Art. 1 Abs. 1 GG)

    En principe, chaque personne peut décider elle-même quand, comment et à qui elle révèle ses données personnelles et son identité.

  • Secret des télécommunications (Art. 10 GG)

    Protège la confidentialité des communications (contenus et données de trafic) contre l’accès de l’État.

L’importance de la communication anonyme pour la protection de la démocratie

Protection contre la surveillance

Si les structures de l’État étaient infiltrées par des forces hostiles à la démocratie, une surveillance totale serait l’outil le plus efficace pour étouffer dans l’œuf l’opposition et la contestation civile. L’anonymat protège les lanceurs d’alerte, les journalistes et les citoyens qui veulent révéler des dysfonctionnements.

Le droit de résistance (Art. 20 Abs. 4 GG)

La Loi fondamentale prévoit expressément que tous les Allemands ont le droit de résister à quiconque entreprend d’abolir l’ordre démocratique, lorsqu’aucun autre recours n’est possible. Pour pouvoir seulement organiser une telle résistance, une communication anonyme et à l’abri des écoutes est une condition technique essentielle.

Les tensions dans la réalité

Dans la pratique politique et juridique, l’anonymat n’est toutefois pas un droit absolu : il est en conflit permanent avec la répression pénale et la prévention des dangers :

Obligations d’identification

Lors de l’achat de cartes SIM (obligation de présenter une pièce d’identité depuis 2017) ou de l’inscription à de nombreux services en ligne, l’anonymat est déjà clairement restreint en Allemagne.

Chiffrement contre surveillance

Les débats sur le contrôle des chats ou les portes dérobées d’État dans les messageries (comme WhatsApp ou Signal) montrent que les autorités de sécurité veulent restreindre les espaces anonymes pour lutter contre la criminalité. Les critiques soulignent toujours que de tels outils pourraient être immédiatement détournés en cas de basculement autocratique du gouvernement.

Où Krotze trouve sa place

Krotze est une contribution pratique à ce droit fondamental : un chat sans compte, sans adresse e-mail et sans numéro de téléphone. Une identité se compose uniquement d’un nom d’utilisateur librement choisi et d’une clé secrète qui ne quitte jamais votre appareil — les requêtes sont signées avec elle au lieu de la transmettre. Les conversations privées 1:1 vont un pas plus loin : leurs messages texte sont chiffrés de bout en bout entre les appareils des participants, le serveur ne stocke que des enveloppes scellées qu’il ne peut pas lire. Le serveur ne constitue aucun profil, ne conserve aucune analyse basée sur l’IP et ne connaît aucun nom réel. Ce qui n’existe pas ne peut être ni surveillé, ni remis, ni détourné après un changement de pouvoir.

S’y ajoute l’éphémère : les canaux s’effacent entièrement d’eux-mêmes après une période d’inactivité réglable, les fichiers expirent automatiquement, et toute suppression est définitive — il n’existe aucune sauvegarde des contenus supprimés. Krotze n’est pas pour autant un blanc-seing : les contenus illégaux sont examinés et supprimés sur signalement (voir les conditions d’utilisation). C’est la minimisation des données mise en pratique — une communication qui ne laisse pas de traces, telle que la Loi fondamentale la reconnaît à chacun.